Gnoor cracha au sol. Un glaire épais plein de sang. Blessé, au bord de l’épuisement, il contempla les cadavres racornis de ses frères des forces lymphatiques. Endormis dans leurs armures blanches étincelantes. Les armées bacilliennes l’entouraient, prêtes à le déchiqueter, lui, le dernier défenseur de la citadelle ganglionnaire.

 

Encore malade… constata Remy en sentant les premiers picotements au fond de sa gorge.

 

Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 06:07
- Publié dans : Micro-nouvelles
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article_seguela.jpgKarim Benghallah, résidence des Lilas, Seine St Denis.

Lorsqu’il découvrit le paquet à son nom dans le casier au refuge, Karim n’y croyait plus. Le kit révolutionnaire fourni par le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé. Pour lui. Il allait enfin pouvoir, lui aussi, accéder au graal : décrocher des entretiens d’embauche et déposer des dossiers locatifs. Et peut-être arriver à obtenir un emploi (il se mit à rêver d'un CDD) et un logement à soi

« Facilit’job & Facilit’loge. Le nouveau programme gouvernemental pour les jeunes ! »

Il déballa les ustensiles cellophanés : une perruque blonde à mèche, une fausse moustache, un polo rose, un dictionnaire du « parlé vieux », et, le plus important, une crème blanchissante et vieillissante. Karim l’appliqua sur sa peau ambrée. Pendant que le principe actif attaquait son épiderme, il lut avec sérieux le prospectus.

« Prenez l’apparence d’un rassurant quadragénaire blanc catholique afin d'accéder à l’emploi ou au logement ! ».

Il noua le polo rose autour de son cou et ajusta la fausse Rolex à son poignet. Voilà, il était prêt à défendre ses compétences sur le marché du travail…

 

Dans un monde idéal…

Mardi 7 février 2012 2 07 /02 /Fév /2012 22:44
- Publié dans : Un monde idéal
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dechargeMathilde caressa la carlingue ciselée de la navette SpaceShip N67, qui luisait dans la pénombre du désert mexicain. Pur produit expérimental issu du cerveau labyrinthique d’un ingénieur de la compagnie Virgin Galactic, elle était capable d’attaquer le vide intersidéral à une vitesse proche de celle de la lumière. Le soleil à huit minutes de voyage. Jupiter à un peu plus d’une heure. Proxima du Centaure à quatre ans.

Mathilde laissa sa paume se promener sur les turbines à hydrogène solide, suivre les nervures à écoulement de fluide MHD, s’attarder sur les vitres en polymère de la cabine de pilotage. Elle enfila sa combinaison et s’installa aux commandes. Elle soupira. Ses yeux se perdirent sur la voûte céleste.

La nuit dégagée laissait apparaître les étoiles, ainsi qu’une multitude d’autres éclats scintillants.

Les déchets spatiaux.

Résidus de satellites ou de stations spatiales abandonnées, pièces détachées, débris divers. Ils ne cessaient de se percuter les uns les autres pour créer de nouveaux débris, plus petits, plus acérés, et épaissir cette ceinture compacte qui était devenue impossible à percer depuis six mois.

Aucune solution n’avait été trouvée. Il fallait juste faire preuve de patience, en attendant que ces déchets ne s’agrègent ou tombent.

Un bon million d’années, seulement…

 

Dans un monde idéal…

 

Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 17:39
- Publié dans : Un monde idéal
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nausee.jpgLes sacs gonflés au point d'exploser sont parqués dans l'entrée, intacts, bien en évidence, criant pour qu'on les ouvre, pour qu'on les libère de ce fardeau nauséabond de vêtements humides, de serviettes de plage graissées par la crème solaire et le sable, de slips et de chaussettes portés cinq fois de suite, de souvenirs colorés et kitchs tassés dans du papier journal. 

Tandis que je me dis pour la cinquième fois que je n'aurais pas dû me contenter de les balancer dès mon retour de vacances pour me jeter sur l'ordinateur, mes pupilles parcourent nerveusement le blog. L’étonnement fait d’abord place à l’indignation. Puis à l’écœurement, à la nausée, au vomissement. Je me précipite dans la salle-de-bain pour me passer de l’eau sur le visage. C'est impossible. Un cauchemar.

Non, c’est bien réel.

J’appelle Ava. Encore embrumée par le décalage horaire, elle vient me rejoindre.

— Regarde ce qu’il a fait ! Regarde ce que ton super robot de la NASA censé me remplacer pendant les vacances a accompli !

Je lui présente l'écran.

— Ben quoi ? me répond-elle après avoir lu quelques lignes.

— Tu te moques de moi ? Tout n’est que violence, agressivité, mort, torture et viol ! C’est un boucher ! Il ne respecte rien !

— Ça ne change pas de d’habitude…

— Là n’est pas la question, il a fait n’importe quoi, il a perverti ma ligne éditoriale !

Je me lève et crie pour ordonner à ZORG de venir se présenter devant moi. 

ZORG 500v0.3 est derrière toi.

Je sursaute et fais volte-face. Le robot me toise de toute sa hauteur. Ses pupilles rouge vif se fixent sur moi.

— Euh… Tu… Je ne suis pas content de ton travail. S’il te plaît. J’exige des réparations.

Un grognement sourd s'échappe du bot.

ZORG 500v0.3 a généré des nouvelles pendant l’absence de l’humain écrivain. Tu n’es pas content des tâches exécutées par ZORG 500v0.3 ?

— Si, si, si. Il y a juste des toutes petites choses à améliorer. Un peu. Par exemple, tu pourrais…

Tu n'es pas content ?

Il saisit mes poignets et me soulève de terre.

— Oui, oui, je suis enchanté. C'était super ! Tout le monde a adoré ! J'ai explosé les statistiques de fréquentation. Les visiteurs ont chanté tes louanges !

Il me relâche, je m'affale au sol.

La tâche de ZORG 500v0.3 s’est achevée. ZORG 500v0.3 s’en va accomplir sa seconde mission. 

Sans même attendre la permission, le bot arrache la porte et disparaît dans le couloir. Son pas lourd résonne longuement. Je prends une minute pour recouvrer mes esprits.

— Il va falloir réparer ça, déclare Ava, en faisant un coucou à la voisine à travers le trou béant.

— C'était ton bot, tu assumes les dégâts.

Elle hausse les épaules.

— OK.

— Quoi ? Tu acceptes de réparer la porte ?

— Bien entendu.

— Tu vas me faire la gueule ?

— Même pas.

— Te venger ?

— Je suis au dessus de ça.

— Me punir ?

— Qui vivra verra.

— J'ai compris...

Je vais chercher la caisse à outils et étudie les gonds arrachés.

— Au fait, ZORG m’a parlé d’une autre mission.

— Oui, répond-elle d'une voix lointaine. Il nous l’a dit quand on l’a configuré. Zut… Je crois que ça a un rapport avec la destruction de l’humanité.

— Ah…

Je replace une première charnière avec quelques coups de marteau. Je me dis qu'il va falloir faire preuve de discrétion sur cette histoire, particulièrement lorsque ZORG commencera à arracher ses bras.

 

ZORG

 

 

Et voilà, les amis ! Après de bonnes vacances, je reprends le contrôle du blog et j’efface petit à petit les interventions de cet affreux ZORG. C’est reparti pour une nouvelle année pleine de cocasserie et de rebondissement ! 

Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 22:46
- Publié dans : ZORG 500v0.3
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