Rachel dévia du chemin en terre et coupa à travers la
prairie. Elle passa sa main dans les herbes hautes, une agréable caresse sur la peau. Le vent ondulait doucement dans ses cheveux. Les odeurs du printemps lui remontaient dans les narines, elle
inspira lourdement, comme pour s'emplir de cette nature qui se déployait devant elle.
Elle pénétra dans le sous-bois, se coucha dans une clairière, à l'ombre d'un soleil pénétrant.
Des souvenirs de son enfance remontèrent. Elle n'aurait jamais pu faire tout cela, à l'époque. Elle aurait été forcément dérangée par les fourmis, les abeilles, les oiseaux, les insectes, ou d'autres bêtes affreuses qui rôdaient à proximité.
Elle tendit l'oreille. Hormis le murmure du vent, un silence troublant régnait. Aucun bourdonnement, aucun gazouillement, aucun cri d'écureuil jouant dans les branches.
Rachel s'approcha d'un arbre, et colla sa main contre l'écorce rugueuse. Elle appréciait par dessous tout ces moments de tranquillité. Seule, enfin. L'humanité ne serait plus jamais dérangée par les affreux animaux.
Elle s'y faisait très bien, à ces printemps silencieux...
Dans un monde idéal...
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